Comment imaginer que, derrière une porte aussi massive, aussi froide, aussi sombre, que derrière cette porte il y aurait un monde aussi léger, aussi doux, aussi clair. Oui, la Cité est tout simplement silencieuse. Aucun son. La Cité est vide, vide du moindre souffle de vie mais elle paraissait pourtant si vivante. Comme si en elle se cachait le poumon de la Terre. Comme si tout ici respirait. On pourrait presque sentir les coups donnés par un coeur, celui qui animerait chaque être en ce lieu. Mais aucun battement de coeur n'arrive cependant aux oreilles de Tyumi. Aucun son ne parait pouvoir être émis ici, dans l'antre de la vie. Même les pas d'Alice et de Gavroche ne s'entendent pas, ne résonnent pas, comme calfeutrés, comme éteints au milieu d'un champ de coton. Même le décor en a la couleur blanche immaculée. Les murs, les plafonds, les sols. Comme si les couleurs avaient été retirées pour laisser place à la pureté. En revanche c'était comme si ces couleurs avaient été concentrées sur les divers meubles et objets que l'on croisait au passage. Ces touches de couleurs flamboyantes parsemées çi et là sont si vives et intenses que la jeune fille a l'impression de n'en avoir jamais vu auparavant. Mais soudain, sans que celle-ci ne s'y attende le moins du monde, trop éblouie par ces merveilles autour d'elle, Gavroche lache sa main et disparait. Alice n'a le temps que d'apercevoir un petit papillon s'envoler, puis la solitude s'installe, la peur de la solitude, la peur de l'inconnu, seule. Elle l'avait presque oublié, ce petit gars aux yeux d'argent qui la rassurait tant. Et maintenant, il n'était plus là...
Photographie.
Patrice. Soulstorm. 心