L'orage éclate. Fort, puissant, sûr de lui. Le tonnerre gronde. A faire trembler les gens. Alice reste là, comme pétrifiée. Il pleut à verse, il pleut des cordes. Mais Alice est là. Ses cheveux lui collent au visage, ses vêtements lui collent à la peau. Trempée. Plus aucun son ne parvient jusqu'à elle. Elle est comme dans une bulle, comme dans un cocon. Non, ça fait mal. Aucune douceur, aucune tendresse, aucune paix. Elle a mal. Enfermée dans une poche sans air où elle étouffe. Enfermée et piquée à vif, brulée, détruite de l'intérieur. Le coeur saigné. Elle n'est donc rien ? Rien d'autre qu'un corps perdu au milieu de nulle part. Rien d'autre qu'une enveloppe charnelle dénuée de tout. Elle n'est rien, il n'y a plus rien , le néant. Cet orage fait peur, cet orage glace le sang. Alice n'a même plus la force de bouger. Si seulement quelque chose de connu survenait, un repère dans ce vide abyssal. Un son, oui, le son du violon qui s'elève. Son esprit, vidé de toute logique certainement, lui dit d'écouter. Ecouter les paroles, l'histoire de ce violon, de ce morceau. Alors elle avance. Dans le noir complet. Suivant les notes entre deux coups de tonnerre. Quelqu'un peut être ? Mais personne ne se soucie plus d'elle, Alice le sait. A part peut être ce violoniste qui la guide de sa mélodie.
字 Muse. Supermassive Black Hole.
Photographie.